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///   Turquie, les atouts d'un géant économique méditerranéen

par Selim Ben Taziri Rosa le
L’économie turque dispose d’une croissance économique importante face à ses voisins du Moyen-Orient. Les secteurs clés, en pleine expansion, suscitent l’intérêt des investisseurs internationaux tandis que le pays élabore un important plan, le centenaire de la république en 2023.

Turquie

Première économie du Moyen-Orient et huitième du Vieux Continent, la Turquie comporte un nombre important d’atouts faisant d’elle la 18ème plus grande économie mondiale en termes de Produit intérieur brut (PIB), qui s’élève à 721 milliards de dollars (682 milliards d’euros). Pour le centenaire de la fondation de la république, le pays ambitionne d’être la 10ème puissance économique du monde.

Une économie robuste, riche et résistante aux instabilités politiques

Les secteurs du tourisme, de l'agriculture, de l'industrie, de la recherche et développement, du textile, de l'automobile et de l’énergie jouissent d’un développement constant et suscitent énormément d’intérêt de la communauté internationale depuis plusieurs décennies.

Malgré une situation politique instable suite au coup d’Etat manqué survenu la nuit du 15 Juillet dernier, les chiffres révélés par le Fonds monétaire international (FMI) illustrent une santé économique stable.

Erdogane-turquie

De l’augmentation de 4.5% de la consommation des ménages à hauteur de 68% du PIB en 2015, à une croissance économique estimée à 3.9% pour l’année courante et en passant par la diminution importante du taux de chômage dans le pays (1.6% en 2014 contre 28.8% en 2003), la Turquie continue d’attirer des investisseurs venus des 4 coins du monde.

Une valeur sure aux yeux de la communauté internationale ?

Depuis plus d’un demi-siècle, la Turquie s’est engagé à maintes reprises dans des accords bilatéraux entre plusieurs pays. De plus, la promulgation de la loi de 2003 pour l’encouragement des investissements étrangers a accentué cette ouverture.

Le pays a signé des accords bilatéraux avec plus de 94 pays dont 75 ont été ratifiés. De plus, un accord de libre-échange a été signé avec l’Union Européenne en 1996 et avec plus de 37 autre pays par la suite.

Au niveau bancaire, le pays compte plus de 53 banques turques représentant plus de 70% du secteur financier, dont un tiers détiennent des capitaux étrangers à hauteur de 30%. En 2001, en pleine crise financière, la Turquie a réussi avec brio la mise en place de réformes structurelles, lui permettant de renforcer son secteur bancaire et d’attirer toujours plus d’investisseurs.

En plus d’une bonne infrastructure pour les transports et d’une main d’œuvre peu coûteuse, ces accords et réformes bancaires ont permis au pays de profiter d’un cadre d’affaires très favorable pour les investisseurs.

turquie

Secteurs clés de l’économie turque au 21ème siècle

Parmi les principaux secteurs favorisant la croissance économique et protégeant le pays d’une crise financière, les secteurs agricoles et industriels prennent la part du lion.

Septième plus grand producteur agricole au monde grâce en partie à son leadership dans la production de figues sèches, noisettes, raisins secs sans pépin, abricots secs ainsi que la production de lait, l’agriculture en Anatolie représente 8% de son PIB.

Le marché de l’aquaculture se développe rapidement dans le pays qui détient 7.2% du marché mondial, en augmentation de 8% par an. Pour ce qui est des agrumes, la Turquie en a produit près de 4 millions de tonnes en 2015.

Malgré les trois millions d’entreprises agricoles, majoritairement familiales et de petites tailles, la croissance de la demande concernant les produits agricoles ne cesse d'augmenter et appel à de nouveaux investissements dans ce domaine.

Cette force agricole provient en partie des conditions climatiques douces, mais ce qui démarque la Turquie de ses pays voisins, c’est les mesures incitatives prises par son gouvernement.

Parmi les atouts principaux du pays, sa main d’œuvre à la fois qualifiée et bon marché, ses régulations plus souples, l’allègement fiscale, l’exemption de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la présence d’une agence consacrée au soutien et à la promotion des investissements.

Produits finis alimentaires

alimentation Turquie

Le secteur des produits turcs fabriqués à base de fruits et légumes est largement tourné vers l’exportation et représente 100% des entrées nettes en devises de la Turquie. Les fruits et légumes en conserve et congelés représentent 40% de la part des exportations de produits alimentaires turques et sont exportés dans plus de 170 pays.

Le secteur des fruits et légumes représente un marché de 3.5 milliards de dollars (3.3 milliards d’euros) avec plus de 1.3 millions de tonnes de production par an, selon les données de l’assemblée des exportateurs de Turquie.

La part des énergies dans la croissance économique en Asie mineur

Marché le plus rapide au monde dans le domaine de l’énergie, le pays a triplé sa productivité en matière de volume d’exportation depuis 2001 pour atteindre 130 milliards de dollars (123 milliards d’euros). Son objectif est d’atteindre les 30% d’énergies renouvelables d’ici 2023 à travers un investissement colossal de 100 milliards de dollars (95 milliards d’euros).

Au carrefour entre consommateurs et fournisseurs d’énergie, la Turquie ambitionne d’augmenter la capacité d’électricité à 120 Gigawatts ainsi que la demande énergétique à 6% à l’horizon 2023.

Les objectifs à atteindre à l’horizon 2023 concernent également l’optimisation de l’exploitation des gisements pétroliers et gaziers afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de protéger la devise nationale des importations pétrolières.

Un plan vert pour l’horizon 2023 ?

Possédant plus de 673 barrages sur son territoire, l’énergie hydraulique, deuxième source d’électricité du pays, est incontestablement un point fort. Des plans de construction de nouveaux barrages, prévus pour les années à venir, permettront au pays d’atteindre 36 000 mégawatts.

En matière d’énergie hydroélectrique, éolienne, géothermique et solaire, le gouvernement turc mettra tout en œuvre pour exploiter au mieux les énergies renouvelables.

Parmi les objectifs du plan pour ces 7 prochaines années, l’augmentation de la puissance de l’énergie éolienne à 20 000 mégawatts, l’installation de centrales électriques, l’augmentation de la capacité de stockage de gaz naturel ou encore l’exploitation des centrales nucléaires.

Le verre, la céramique et le ciment turc

céramique turque

Le ciment, la céramique et le verre sont exportées à l’étranger après leur fabrication à partir de matières premières extraites des sous-sols turcs. 6ème exportateur mondial de ciment et de céramique et 18ème exportateur mondial de verre, l’Anatolie a exporté en tout, 2.9 milliards de dollars (2.7 milliards d’euros) vers plus de 200 pays seulement au cours de l’année écoulée.

La production vitrière fait partie des principales industries de la Turquie car elle contribue directement ou indirectement, aux secteurs automobiles, touristiques, construction, alimentaires, pharmaceutique ou encore énergétique.

Au niveau du secteur minier, fournissant toutes les ressources nécessaires pour une multitude de secteurs comme le ciment, le verre et l’acier, les exportations pour l’année 2015 s’élèvent à plus de 3.9 milliards de dollars (3.7 milliards d’euros) dont la moitié concerne l’exportation de pierres naturelles. La quantité d’exportation du secteur minier a dépassé les 20 millions de tonnes l’année dernière et sa part représente 4% du PIB turc.

L’industrie du textile : un savoir-faire ancestral

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Principal fournisseur de textile en Europe depuis la délocalisation de l’industrie du textile et du prêt-à-porter vers la Turquie en 1970, la Turquie a exporté pour un montant de 8 milliards de dollars (7.6 milliards d’euros) dans le textile et les matières premières à travers 202 pays en 2015.

Le secteur, produisant des tissus techniques et tissus « maison » compte plus de 420 000 salariés. Le tissus technique, fabriqué pour son aspect technique et ses caractéristiques fonctionnels, est un produit à forte valeur ajoutée, compte tenu de son prix.

Il est utilisé dans le secteur de l’agriculture, de l’automobile, des transports et même dans l’industrie de la défense pour la confection d’uniformes et équipements comme les cordes ou les gros sacs. Les exportations de prêt-à-porter ont généré 12.5 millions de dollars (11.8 millions d’euros) en 2015.

Un investissement colossal pour la recherche et développement  

Etape incontournable pour la croissance et le développement d'un pays, la recherche et le développement (R&D) a une place importante dans le budget de la Turquie. Le pays prévoit d’investir plus de 60 milliards de dollars (56.7 milliards d’euros) exclusivement dédiés au domaine de la R&D jusqu’en 2023.

Afin de célébrer le centenaire de la fondation de la république, la Turquie programme tous ces objectifs pour l’horizon 2023, lançant, en mars 2016, « un vaste programme de soutien aux activités de recherche et de développement et d’innovation, dans le but de devenir une économie axée sur les hautes technologies et l’innovation » selon l'Agence turque pour la promotion et le soutien à l'investissement (ISPAT).

Augmentation des investisseurs français en Turquie

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Consulat de France à Istanbul

Depuis la signature de la convention de main-d’œuvre le 8 Avril 1965, les relations bilatérales entre les deux pays n’ont pas cessé de croitre. En 2015, la France était le 6ème client de produits turcs, le volume de commerce bilatéral s’élevait à plus de 13.4 milliards de dollars (12.7 milliards d’euros), et il y avait plus de 400 implantations générant 100 000 emplois.

La Turquie compte sur son sol beaucoup d’entreprises françaises exerçant dans plusieurs secteurs d’activités dotés de belles perspectives de développement. Parmi eux, l’automobile ( Peugeot, Michelin, Valeo,…), les matériaux de construction (Saint-Gobain, Lafarge), l’agro-alimentaire (Danone, Bongrain,…), la pharmacie (Sanofi), la santé, les nouvelles techniques de communication, la R&D, les services et le tourisme, la banque ou encore la construction électrique.

Le domaine environnemental a également son lot d’innovations et offre des perspectives très intéressantes pour les investissements français dans le domaine de l’eau, de la gestion et l’élimination des déchets et le contrôle de la pollution industrielle. Un investissement de 70 milliards de dollars (66.2 milliards d’euros) est prévu pour ces domaines.

L’Anatolie à la tête du Moyen Orient

Première puissance économique du Moyen Orient en 2010, membre du G20, la Turquie ne manque pas d'atouts.

Sa réussite économique spectaculaire s'appuie sur son important marché intérieur de 75 millions de consommateurs qui permet de soutenir la consommation privée et augmente le pouvoir d’achat du pays.

Ces principaux clients sont l’Allemagne (9.6%), l’Irak (6.9%), le Royaume Uni (6.3%), l’Italie (4.5%) et la France (4.1%). 

Un coup d'oeil sur les perspectives de l'économie turque par Euronews (En français)

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