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///   Les scientifiques vont-ils ouvrir la voie vers la paix au Moyen-Orient avec le projet Sesame ?

par Karl Demyttenaere le
Le Bahreïn, Chypre, l'Egypte, la Jordanie, la Pakistan, la Turquie ainsi qu’Israël, l’Iran et l’Autorité palestinienne sont membres du projet scientifique Sesame. Le 3 décembre s’est tenue la quatorzième réunion annuelle de ce programme ambitieux ayant mobilisé 100 millions d’euros d’investissements et faisant fi des tensions régionales.

Synchrotron

Un exemple de synchrotron, ici au Canada.

A 35 kilomètres d’Amman, en Jordanie, 133 mètres d’horlogerie de précision, d’aimants et d’ondulateurs sont rassemblés pour permettre le fonctionnement du synchrotron Sesame (Synchrotron-light for Experimental Science and Applications in the Middle East). Le principe de cette installation est de fabriquer les plus puissants des microscopes existants.

On compte dans le monde une soixantaine de synchrotrons : en Amérique, en Europe ou encore en Asie du sud-est. Cependant, une vaste partie de la planète en était dépourvue entre l’Afrique du sud et le Pakistan. Pour combler ce vide scientifique, en 1997, deux physiciens : l’Allemand Gus Voss et l’Américain Herman Winick proposent de profiter du renouvellement du synchrotron berlinois Bessy pour utiliser l’ancienne machine et la transférer au Moyen-Orient, ce sont les prémices du projet Sesame.

Un projet scientifique devenu un symbole

Malgré les crises et les tensions que traverse la région, le projet Sesame fédère autour de lui des pays très différents : le Bahreïn, Chypre, l'Egypte, la Jordanie, le Pakistan, la Turquie ainsi qu’Israël et l’Autorité palestinienne ou encore l’Iran, qui a approuvé le projet au Parlement à 152 voix contre 6 (sous la présidence d’Ahmadinejad).

Pour le mener à bien, 100 millions d’euros sont investis. L’Union européenne a débloqué 5 millions d’euro, la Turquie, la Jordanie et Israël ont également déboursé cette somme. Les frais de fonctionnement sont eux réglés par les neuf membres du programme au prorata de leur richesse nationale.

Fort de cette mobilisation, l’équipe d’une quarantaine de scientifiques venus de ses différents pays pilote ce projet devenu un symbole dans une partie du monde déchirée par les tensions politiques. 

Quelle utilisation pour Sesame ? 

Au-delà de voir coopérer des scientifiques israéliens, iraniens, turques et jordaniens, Sesame pourrait devenir essentiel pour la recherche au Moyen-Orient et pourquoi pas se changer en un centre mondial de l’étude des parchemins, papyrus et autres documents.

L’idée de certains chercheurs serait en effet d’utiliser la lumière du synchrotron pour comprendre comment sont constitués les manuscrits anciens de la région.

Depuis le 15 décembre 2016 et jusqu’en février 2017, le comité de sélection de Sesame, comptant six scientifiques indépendants, devrait recevoir de nombreuses candidatures de la chercheurs de la région pour l’utilisation de cet impressionnant outil. Ce comité devra effectuer une première selection tandis que l’équipe du synchrotron se réservera la décision finale.

A l’image de la « diplomatie du ping-pong » qui, avec l’échange de joueurs dans les années 70, a ouvert la voie à la visite officielle du président américain Richard Nixon en Chine, le synchrotron pourrait être une première étape vers un apaisement des tensions au Moyen-Orient, jetant une nouvelle lumière sur une région qui en a plus que jamais besoin…

Pour en savoir sur la recherche dans cette partie du monde, découvrez notre interview inédite de Lahcen Daoudi, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du Maroc :

 

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