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///   Projet Eastmed : une alternative méditerranéenne au gaz russe pour l'Europe ?

par Kheireddine Batache le
Miguel Arias Canete, Commissaire européen pour l'action sur le climat et l'énergie en présence des ministres de l'Energie d'Israël, de Chypre, de Grèce et l'ambassadeur d'Italie à Chypre, viennent de signer un protocole d’accord historique portant sur l’élaboration du projet Eastmed, le plus long gazoduc sous-marin au monde.

La méditerranée vient de donner naissance à un projet pharaonique : Le Eastmed. Un pipeline long de 2000 kilomètres censé traverser 4 pays méditerranéens. Il partira d’Israël pour rallier l’Italie en passant par Chypre et la Grèce. Le coût du projet a été estimé à environ 6 milliards d’euros et devrait voir le jour en 2025.

L’énergie, tendon d’Achille de l’Europe.

En 2015, le projet Eastmed faisait  partie d’une liste de 195 projets jugés essentiels pour l’Europe, par la Commissions européenne. Et pour cause, la conjoncture économique européenne dépend en grande partie de sa stratégie énergétique. Pauvre en ressources naturelles lui permettant d’atteindre l’autosuffisance, L’Europe s'efforce de diversifier ses sources d’approvisionnement en énergie.

Chaque année, l’Union Européenne (UE) importe l’équivalent de 70 % de ses besoins en énergie, soit environ 250 milliards de mètres cubes de gaz. Depuis l’annexion de l’île de Crimée par la Russie, les relations diplomatiques entre l’entité européenne et le grand voisin du nord ont connu quelques tensions. Couvrant à elle seule 40 % de sa consommation en gaz naturel, la Russie demeure le principal fournisseur de l’Europe. Une situation qui n’enchante guère Bruxelles, tant celle-ci cherche à s’extirper du monopole exercé par la Russie, en projetant de sécuriser son approvisionnement énergétique, ailleurs que dans l’Oural.

L’alternative idéale au gaz russe ?

C’est dans un contexte géopolitique caractèrisé par les velleités économiques des uns et des autres que les projets de gazoducs se sont multipliés en Méditerranée. Avec trois champs gaziers découverts récemment à l’est (Celui de Leviathan par Israël, qui commencera son exploitation en 2019, ou celui d'Aphrodite au large de Chypre, qui contiendrait environ 127 milliards de m3 de gaz.

Sans oublier Zohr, près de l'Egypte, le plus grand gisement jamais découvert en Méditerranée, avec des estimations de 850 milliards de m3),  la grand bleu s’est révélée être un eldorado des hydrocarbures.

Etant donnée son envergure, le projet Eastmed revêt aujourd’hui un caractère stratégique pour l’Europe et pour les pays Méditerranéens. Mais L’Europe a plus d’une flèche à son arc. En effet, pour combler une demande qui ne cesse de croître, elle compte aussi sur l’apport du Trans Adriatic Pipeline (TAP), un autre projet de gazoduc sous-marin transadriatique. D’une longueur totale de 878 kilomètres, il doit acheminer sur le marché européen le gaz d'Azerbaïdjan, via la Grèce et l'Albanie, jusqu’au sud de l'Italie.

Etant à l’affût des retombées économiques découlant de l’exploitation des ressources naturelles méditerranéennes sous-marines, les majors pétrolières européennes se ruent sur les opportunités de partenariats qui se profilent à l’horizon.

En conséquence de quoi, tout porte à croire que la naissance d’une coopération Euro-méditérannéenne en matière d’énergie sonnerait le glas de l’hégémonie russe sur les importations européennes de gaz naturel.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique en Méditerranée :

 

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