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///   Les gouverneurs d’Afrique du Nord réunis par la Banque Africaine de Développement

par Juli Choquet le
« L’Afrique est le continent du futur », a déclaré le ministre tunisien du Développement et de la Coopération internationale, Zied Ladhari. La rencontre stratégique avec les gouverneurs d’Afrique du Nord est un moment historique pour la Banque Africaine de Développement (BAD).

 

Akinwumi Adesina, président de la BAD, la Banque africaine de développement.

Un sentiment d'urgence

« Rien ne sera plus comme avant », a estimé le président de la Banque africaine de développement Akinwumi Adesina au début de la rencontre stratégique et consultative entre la haute direction de la Banque et ses gouverneurs pour l’Afrique du Nord. 

Le président aurait aussi pu évoquer le sentiment d’urgence qui pèse sur la région et le continent en général alors qu’il peine à faire face à l’explosion démographique, notamment la persistance du chômage des jeunes, malgré une croissance économique robuste.

« La Banque, a-t-il affirmé, occupe une position unique pour soutenir la région à une époque de transformation sans précédent. »

High 5

Au cœur des interventions de la Banque se trouve une stratégie décennale ancrée dans un ensemble d’objectifs connus sous le nom de High 5 : Éclairer et alimenter en énergie l’Afrique ; Nourrir l’Afrique ; Industrialiser l’Afrique ; Intégrer l’Afrique ; et Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique.

Lorsqu’ils seront effectivement mis en œuvre, les High 5 permettront à l’Afrique d’atteindre 90% des objectifs de développement durable des Nations Unies, selon une étude indépendante réalisée par le Programme des Nations Unies pour le développement.

Au cours de ces consultations régionales, les ministres égyptien, tunisien, marocain, algérien et mauritanien ont déclaré que les High 5 reflétaient leur propre vision et stratégies de développement. Avec 14 % de la population du continent et un tiers de son produit intérieur brut, l’Afrique du Nord a le potentiel de servir de moteur de croissance pour le continent.

La région est cependant confrontée à un vertigineux taux de chômage de 31% qui touche particulièrement les jeunes et les femmes, à l’insécurité alimentaire et hydrique, à la pauvreté et aux inégalités, ainsi qu’aux défis de la transformation économique et de l’intégration.

Dans ce contexte, les gouverneurs ont souligné les avantages de la décentralisation de la Banque. L’institution s’est rapprochée de ses pays membres, entraînant ainsi un impact positif sur la croissance économique de ces pays.

Les décideurs Egyptiens, tunisiens et Algériens mobilisés pour la BAD

L’ambassadeur égyptien en Côte d’Ivoire, Mohamed El-Hamzawi, qui représentait le ministre des Finances, a rappelé les deux révolutions que son pays a connues en 2011 et 2014. Il a remercié la Banque pour son soutien à la stabilisation macroéconomique, aux réformes financières, aux infrastructures et aux projets énergétiques, entre autres.

Le ministre tunisien des Finances, Zied Ladhari, a rappelé que le transfert temporaire des activités de la Banque dans son pays pendant 11 ans a contribué à renforcer les liens. « Nous partageons la vision de la Banque : l’Afrique est le continent de l’avenir, c’est un grand moment pour l’Afrique avec la Banque au centre. L’exploitation du potentiel des économies africaines est une tâche que la Banque doit accomplir. »

Le ministre algérien des Finances, Abderrahmane Raouia, a déclaré : « Le plus grand défi pour l’Afrique aujourd’hui est la création d’emplois, un enjeu de stabilité et un levier pour tirer la croissance économique vers le haut. Nous devons offrir aux jeunes des opportunités d’emploi pour les convaincre de rester ici, sur le continent. »

Une large augmentation des prêts

Le président Adesina a souligné certaines des réalisations de la Banque au cours des sept dernières années. Environ 27 millions d’Africains ont bénéficié de nouvelles connexions électriques, tandis que 49 millions ont bénéficié d’améliorations dans l’agriculture. Quelque 35 millions ont obtenu un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement et près d’un million de petites entreprises ont bénéficié de services financiers. Au cours de la même période, 23 millions de femmes ont bénéficié des améliorations dans l’agriculture et 10 millions ont profité de projets d’investissement.

Les prêts aux pays à faible revenu ont été multipliés par 17, passant de 434 millions de dollars en 2010 à 7,5 milliards de dollars en 2016. Les prêts aux pays à revenu intermédiaire, tels que les pays d’Afrique du Nord, ont doublé. Le portefeuille actif d’opérations du secteur privé de la Banque est passé de 15 milliards de dollars en 2010 à 30 milliards de dollars en 2016.

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