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///   L’économie du Liban, victime de l’isolement politique du pays ?

par Karl Demyttenaere le
Guerre en Syrie, crise des migrants, tensions chiite-sunnite… le Liban est au cœur d’un Moyen-Orient en proie à d’importants troubles, au point de le priver de ressources essentielles.

Beyrouth vue du ciel

Jugeant l’influence du Hezbollah libanais chiite trop importante, l’Arabie Saoudite a suspendu son aide pour financer la modernisation de l’armée libanaise (notre article). Une nouvelle étape dans les fortes tensions entre chiites et sunnites au Moyen-Orient qui a un impact direct sur le pays du Cèdre.

Une autre étape a été franchie le 13 mars avec l’expulsion de 70 Libanais, en majorité chiites, des Émirats Arabes Unis. Déjà en 2009 et 2013, des Libanais accusés d’être proches du Hezbollah avaient dû quitter le Golfe.

Des mesures qui inquiètent car les transferts bancaires des expatriés libanais vers leur pays d’origine représentent 15% du PIB du Liban et si le mouvement s’amplifiait, le pays serait privé d’une manne importante : 7,5 milliards de dollars au total en 2015 d’après la Banque centrale libanaise.

Le Liban a le deuxième plus important montant de transferts venant d’expatriés au monde. On estime à environ un demi-million le nombre de Libanais qui travaillent dans le Golfe, dont rien qu’en 300 000 en Arabie saoudite.

Le pétrole, l’autre menace ?

Pour l’instant, la mesure des Émirats reste limitée à quelques dizaines de ressortissants, l’économie libanaise n’est donc pas confrontée à une menace imminente. Cependant, d’après certains analystes, c’est la baisse des prix du pétrole qui pourrait diminuer les revenus des expatriés libanais et, par conséquent, leurs transferts vers leur patrie.

Subsiste un autre motif d’inquiétude pour les économistes : les sanctions prises contre le Hezbollah par le gouvernement américain à la fin de l’année dernière. Le 18 décembre, le président Obama a signé le « Hezbollah International Financing Prevention Act, », ratifié peu après par le Congrès américain. 

Ce texte revoit à la hausse les sanctions économiques contre le Hezbollah, considéré désormais comme une organisation terroriste mais aussi criminelle. Ainsi, ces nouvelles sanctions considèrent comme criminel tout établissement entretenant une relation avec le Hezbollah, y compris les institutions qui ne tombent pas sous la juridiction américaine. De fait, les banques libanaises sont observées à la loupe et subissent une grande pression : si l’une d’entre elles compte parmi ses clients un individu lié au Hezbollah, elle se retrouve sur la liste noire du Trésor américain.

Renouer avec Washington

En février dernier, Jean Kahwagi, chef de l’armée libanaise, s’est déplacé en personne dans la capitale américaine pour demander au Pentagone d’accélérer les armements promis à son pays, notamment des hélicoptères et des missiles air-sol. 

A noter que les États-Unis ont fourni depuis 2004 pour 1,3 milliard de dollars en matériel et assistance à l’armée libanaise. Privée de son contrat avec la France par l’Arabie Saoudite (notre article), celle-ci n’en reste pas moins la meilleure garantie pour la stabilité du pays, dans un contexte régional particulièrement explosif.

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