Suivez aussi
l'actualité du Sud de la
France sur le
Twitter de @ecom_news
INFORMATIONS NATIONALESACTUALITÉECONOMIEENTREPRISESPOLITIQUEECHANGES MÉDITERRANÉENSDÉCIDEURS

///   Iran : Retrait de Trump de l’accord de Vienne, quelles conséquences pour les entreprises françaises ?

par Nour Ben M'Barek le
Le 8 mai dernier, Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien co-signé en 2015, sous la présidence Obama avec la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine et la Russie.


Donald Trump a décidé de quitter l'accord sur le nucléaire paraphé par Barack Obama en 2015

Ce mouvement américain, unilatéral, a mis à mal le “renouveau du multilatéralisme”. L’accord avait initialement généré, l’espoir de toute les parties prenantes et avait été salué par la Communauté internationale à l’exception faite, peut-être, de l’Arabie Saoudite et d’Israël.

Quid de cet accord sur le nucléaire iranien ?

C’est un texte longtemps négocié secrètement entre 2012 et 2015, que la diplomatie française a beaucoup soutenu, et qui prévoyait la levée progressive des sanctions économiques imposées à l’Iran par les pays occidentaux. En échange de quoi, le pays s’engageait à stopper tout programme nucléaire militaire.

Suite à la signature de l’Accord de Vienne en 2015, nombre d’entreprises françaises, qui prospectaient et étudiaient le marché iranien depuis quelques années déjà n’ont pas tardé à investir et à saisir les opportunités commerciales. L’Iran est un marché prometteur au fort potentiel de croissance dans les quatre secteurs autorisés par le texte :  énergie, automobile, aéronautique et finance.

Les entreprises françaises ont donc accueilli ce retrait américain comme une épée de Damoclès qui s’est abattue sur presque tous les investissements en cours. Le projet gazier géant de Total est notamment menacé, voire compromis mais l’entreprise avait pris en compte cette éventualité. Selon le Monde, elle n’aurait pour le moment, déboursé “que” 40 millions de dollars sur le milliard normalement prévu.

Le projet gazier SP11, nécessitait un investissement global de deux milliards de dollars. Le milliard prévu ne représentait déjà que 50% de l'investissement pour la mise en place du dit chantier : un coup dur pour l'Iran. Pour le groupe, même en cas de retrait "cela n’impacterait pas l'objectif de croissance de production de 5%/an sur huit ans".

Le secteur automobile en perte de vitesse

Les conséquences pour Renault et PSA sont, quant à elles, moins négligeables. Les deux entreprises avaient commencé à s’implanter dès fin 2015 et PSA est aujoud’hui détenteur de 13% du marché automobile iranien.

C’est également une très mauvaise nouvelle pour les PME françaises qui sont très nombreuses à s’être engagées en tant que sous-traitants pour l’une ou l’autre de ces entreprises. Etant donné l’hyper connectivité actuelle de tous les secteurs, et particulièrement financière, contourner les sanctions américaines les exposeraient à de plus gros risques de pertes.

Par ailleurs, toutes les entreprises ayant envisagé cette tournure, ont toutes inclus dans leurs contrats une clause de “snap-back” qui leur permet, en cas de retrait d’une des parties de l’Accord de Vienne, de pouvoir récupérer tout ou partie de leurs investissements déjà effectués.

Les solutions envisagées

Toujours est-il que la décision du président américain compromet 2,5 milliards d’euros d’investissements réalisés par les différentes sociétés françaises et européennes. Pour le moment, les entreprises disent suivre la communication avec les dirigeants politiques.

Elles envisagent dans un premier temps, d’obtenir des déclarations d’exemption de la part de Washington afin de protéger au mieux leurs investissements, c’est notamment sur cela que Total mise pour le moment.

Des solutions législatives sont également étudiées par l’Elysée, comme la révision du règlement de Dublin de 1996 pour protéger les entreprises de l’application extraterritoriale des lois afin d’en limiter les effets sur l’activité économique des entreprises européennes.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique en Méditerranée :

A lire aussi

0 commentaire SE CONNECTER
Pour commenter cet article il faut être loggé.