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///   Les migrants deviennent indispensables en Algérie

par Rédaction Ecomnews Med le
L’Algérie est devenue un point d’ancrage pour les migrants d’Afrique centrale et de l’Ouest, notamment ceux en provenance de Guinée, du Congo, de Côte-d’Ivoire, du Cameroun ou encore du Mali. Selon certaines estimations, leur nombre tournerait autour de 100 000 personnes. Malgré le durcissement de la politique migratoire algérienne, les migrants parviennent à s’ingérer dans l’économie du pays, en occupant des métiers que les Algériens refusent de prendre. C’est ce qui ressort d’un reportage réalisé par nos confrères de RFI. Eclairage.

Ils sont des centaines, voire des milliers de subsahariens à travailler illégalement en Algérie, comme ouvriers, maçons, gardiens, déménageurs, nounous, femmes de ménages, masseuses dans les hammams, etc.

En Algérie, ces métiers peuvent leur apporter trois à quatre fois le salaire mensuel qu’ils percevaient dans leur pays d’origine, de quoi leur permettre de payer les frais de scolarité de leurs enfants, soigner un parent malade, restaurer la maison familiale ou encore préparer un éventuel retour au pays d’origine en lançant un petit commerce.

Néanmoins, l’objectif principal de la majorité des migrants en Algérie est d’économiser de l’argent pour financer leur projet de départ vers l’Europe. Pour ce faire, ils n’ont d’autre choix que de payer un passeur pour partir dans une embarcation vers la rive nord de la Méditerranée. Une aventure périlleuse ! Rien que sur l’axe de la Méditerranée centrale (entre la Libye et l’Italie), il y a eu plus de 14 000 morts au cours de ces quatre dernières années, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’Organisation des Nations unies.

Les migrants comblent le manque de main-d’œuvre

L’Algérie procède périodiquement à des campagnes d’arrestations arbitraires, suivies d’expulsions collectives et massives de migrants originaires d’Afrique subsaharienne se trouvant dans le pays. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies avait pour sa part jugé « profondément alarmante » ces vagues d’expulsions collectives, sans évaluation individuelle ni garanties de procédure, notamment en septembre 2017 et en janvier 2018.

Pour échapper à l’expulsion, les migrants sont obligés de faire profil bas et de modifier leurs habitudes, de sortir moins et de s’organiser pour faire leurs courses. Malgré toutes ces restrictions, loin d’eux l’idée de rentrer dans leur pays, pour la simple raison qu’ils ne peuvent y trouver un emploi qui peut leur assurer le même salaire, d’autant que la demande en main-d’œuvre reste forte, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la construction et des travaux publics.

Pour Abdelmoumène Khelil, membre de la Ligue de défense des droits de l’Homme, le gouvernement algérien est appelé à mettre en place une réelle politique d’intégration, afin de permettre aux migrants de travailler en toute légalité, d’autant qu’ils participent à l’économie du pays et permettent aux employeurs de combler le manque en main-d’œuvre et d’améliorer ainsi leur productivité.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique de l’Algérie :

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