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///   Libye - Tunisie : la reprise des échanges économiques rencontre des difficultés.

par Rédaction Ecomnews Med le
Au cours des cinq premiers mois de cette année 2018, les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Libye ont repris progressivement, avec une augmentation de 29% des exportations tunisiennes vers la Libye, soit 275 millions d’euros.

Un semblant d'éclaircie dans le marasme économique que connaissent les deux voisins d'Afrique du Nord. Cette éclaircie intervient après que les exportations tunisiennes à destination de la Libye ont été divisées par trois entre 2009 et 2017. Malgré tout, elle ne réussit pas à effacer l’inquiétude des hommes d’affaires des deux pays réunis à Tunis lors d’un forum économique consacré aux relations entre la Tunisie et la Libye.

Son organisateur, Bassem Loukil, président du Tunisia-Africa Business Council (TABC), estime que ce montant pourrait « être multiplié par 1,5 et même doubler ». Il rappelle qu’en « 2009, les exportations culminaient à 1,72 milliard d’euros ».

Mais les difficultés pour les entreprises restent nombreuses :

L’insécurité à la frontière terrestre

Il n’existe à ce jour que deux points de passage pour rejoindre Tripoli :

  • Le principale, Ras el-Jdir, a été fermé durant 8 semaines au cours de cette année,
  • et le second, Dehiba, plus au sud, est mal sécurisé et ne fait que rallonger les délais.

Même « quand les barrières sont ouvertes, les bandes de mafieux tunisiens obligent [les] chauffeurs à payer des milliers de dinars pour ne pas se faire confisquer la marchandise », déplore un exportateur anonyme ,dans les colonnes de Jeune Afrique , craignant les représailles des milices qui sévissent dans l’ouest.

• Aucune voie maritime ou aérienne

« Lorsque nous sommes payés via des lettres de crédit, la loi libyenne nous oblige à exporter par bateau. Comme il n’y a plus de ligne maritime entre nos deux pays, on doit passer par les ports turcs ! », Ahmed, cadre d’une société d’engins de BTP tenant aussi à rester anonyme.

• Transactions financières difficiles

Les capacités de la Banque tuniso-libyenne sont très réduites, avec un résultat net déficitaire de 1 million d’euros en 2017, et pourtant elle reste la seule banque à pouvoir confirmer les lettres de crédit de Libye.

À cela s’ajoute le taux de change très fragile du dinar libyen. Celui du marché noir, à 16,1 dinars libyens pour 1 euro, se substituant très souvent au taux officiel, de 1,61 dinar libyen pour 1 euro, même lors des transactions légales.

• Un manque de confiance

« Je suis présent au forum pour trouver un distributeur local pour notre café mais il faut être certain de sa probité », explique Selim Lemkecher, directeur général adjoint des cafés Bondin.

Mais vendre son or noir aux Libyens, gros consommateur de café, ne sera pas une mince affaire pour Bondin. Difficile d’investir dans une capitale où des groupes armés sévissent, et avec qui le gouvernement d’union nationale de Tripoli entretient des relations très délicates.

• Instabilité politique

Malgré la réouverture début septembre du poste-frontière de Ras el-Jdir, principale porte entre la Libye et la Tunisie, le calme précaire dans le conflit libyen inquiète encore Tunis qui conseille la prudence aux investisseurs.

Les nombreux enlèvements d’hommes d'affaires, Libyens et étrangers, ne refroidissent pas pour autant Bassem Loukil, qui en a assez de cet argument de la stabilité : « si nous ne sommes pas présents maintenant, les contrats iront à ceux qui sont restés [les Turcs, les Chinois et les Italiens principalement] quand le calme reviendra », insiste-t-il.

Une manière de se positionner pour préparer l'après conflit. 

Anna Diallo

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique de la Tunisie :

 

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