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///   Quelle est la situation économique de la Jordanie ? Analyse

par Denys Bédarride le
Les informations et les prévisions disponibles à ce stade confirment que la croissance en volume du PIB ne sera pas sensiblement supérieure à celle de l’année 2017. Elle pourrait s’établir à un compris entre 1,9% et un peu plus de 2%, c’est-à-dire au voisinage de la croissance moyenne de la zone ANMO3. Si tel est le cas, le taux de chômage a toute chance d’augmenter encore alors même qu’il est passé de 11,9% de la population active en 2014 à 18,3% de la population active en 2017.

 

 

Les chiffres disponibles au titre des neuf premiers mois confirment malheureusement la tendance qui prévaut depuis trois ansLe taux de chômage est passé de 18,5% de la population active au troisième trimestre de l’année 2017 à 18,6% de la population active au troisième trimestre de l’année 2018. 

La situation des comptes extérieurs n’évoluera que marginalement par rapport à ce qu’elle a été en 2017

D’abord parce que ni le déficit de la balance commerciale, ni celui de la balance courante  ne sont appelés à diminuer dans des proportions qui puissent être considérées comme significatives. Les services du FMI ont d’ailleurs relevé la prévision qu’ils avaient établie au mois d’avril en matière de déficit courant en la portant de 8,5% du PIB à 9,6% du PIB pour l’année 2018. 

Ensuite parce que les chiffres disponibles à ce stade montrent que le montant des flux bruts d’investissement direct est orienté à la baisse7. Enfin parce que la balance des paiements a toute chance d’accuser un déficit, lequel pourrait être supérieur à ce qu’il a été dans le passé récent, que ce soit en 2016 ou en 2017. 

Reste à savoir quelles proportions il prendra, étant entendu qu’il aurait sensiblement augmenté entre le premier semestre 2017 et le premier semestre 2018.

Le sujet est suivi avec une attention particulière par la Banque Centrale dans un contexte où le montant de ses avoirs extérieurs (Readily Available Reserves) a été ramené de 13,48 Mds$ soit 7,1 mois d'importations de biens et services, à la fin de l’année 2017 à 12,25 Mds$ soit 6,2 mois d'importations de biens et services à la fin du mois d’octobre 2018 et où le Royaume préfèrerait ne solliciter le marché international de capitaux qu’une fois que la seconde « revue » du Stand-by Agreement sera intervenue.

Le déficit public sera probablement un peu plus élevé que prévu sachant que les prévisions disponibles permettant de penser qu’il pourrait s’établir à 2,9% du PIB

D’abord parce que les chiffres disponibles au titre des neuf premiers mois de l’année 2018 montrent que le déficit est plus important qu’au cours des neuf premiers mois de l’année 2017, qu’il soit calculé avant ou après prise en compte des dons

Ensuite parce que la conjoncture est telle que l’évolution des recettes a été sensiblement inférieure à ce que prévoyait la construction budgétaire et à celle des dépenses. Enfin parce que la perte nette de NEPCO (National Electric Power Company ) et celle de la WAJ seront plus importantes que prévu

Même si le déficit public sera couvert sans problème majeur, il n’est pas certain que le poids relatif de la dette publique soit appelé à diminuer. Les chiffres disponibles à ce stade permettent d’espérer qu’il sera stabilisé.

Même si le projet de loi de finances et le scénario économique qui lui sont associés n’ont pas encore été arrêtés, 2019 a toute chance de s’inscrire dans le prolongement de l’année 2018

D’abord parce que la croissance en volume du PIB n’évoluera pas sensiblement, les projections disponibles tablant sur un niveau compris entre 2% et 2,5%. Ensuite parce que la situation des comptes extérieurs restera mitigée, la diminution probable du déficit courant ne signifiant pas nécessairement que la balance des paiements sera à l’équilibre. 

Enfin parce que l’évolution des comptes publics est plus que jamais un sujet de discussion entre la partie jordanienne, qui table sur un déficit limité à 1,9% du PIB et les services du FMI, qui évaluent le déficit public de lexercice 2019 à 2,7% du PIB. 

Source : Service économique de l’Ambassade de France au Liban 

 

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