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///   La guerre du gaz fait rage dans la Méditerranée

par Rédaction Ecomnews Med le
La Russie entend garder la main sur les exportations de gaz vers les pays européens, alors que l’UE cherche à s’affranchir de la dépendance envers Moscou.

 

 

Energies : la guerre du gaz sévit sous les eaux de la Méditerranée orientale

Sous les eaux tranquilles de la Méditerranée orientale, les hostilités autour du gaz naturel battent leur plein suite à l’inauguration du nouveau gazoduc TurkStream en novembre 2018. Le tronçon qui passe sous la mer Noire, tout en déviant l’Ukraine, devrait acheminer vers l’Europe plus de 30 milliards de mètres cubes de gaz russe par an, dès la fin de 2019. Si cette nouvelle devrait à priori soulager le Vieux continent, il y a aussi le revers de la médaille que l’on craint : une dépendance énergétique plus accentuée à l’égard de la Russie.

Bruxelles cherche donc des solutions et compte miser sur le projet de gazoduc reliant le grand bassin gazier récemment découvert en Méditerranée orientale. Décryptage !

Le gazoduc TurkStream : un partenariat turco-russe à la conquête de l’Europe du gaz

Inauguré le 19 novembre 2018, le tronçon sous-marin du gazoduc TurkStream long de quelque 930 km devrait être opérationnel dès fin 2019. Selon Vladimir Poutine, ce nouveau gazoduc participera au « renforcement du partenariat stratégique » entre la Russie et la Turquie au moment où les relations entre Ankara et Washington sont toujours tendues.

La Russie ambitionne même de prolonger ce gazoduc vers l’Union Européenne à travers d’autres partenariats avec la compagnie grecque Depa et la firme italienne Edison, entre autres. Moscou envisage également une collaboration avec la Bulgarie qui nourrit l’ambition d’acheminer du gaz russe du TurkStream vers la Serbie, la Hongrie et l’Autriche.

Par ailleurs, le projet Nord Stream 2, qui était censé doubler le gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne via la mer Baltique, est toujours en suspens, du fait de l'opposition des partenaires est-européens. Washington, par la voie de son chef de la diplomatie Mike Pompeo, compte mettre à l’échec la réalisation de ce projet par tous les moyens.

En effet, ce projet menacerait la sécurité stratégique et économique de l’Ukraine. De son côté, la Pologne anticipe déjà la fin de son contrat (2022) avec la société russe Gazprom par la signature début novembre de deux contrats à long terme avec des sociétés américaines pour la livraison du gaz naturel liquéfié (GNL).

L’Europe cherche à diversifier ses sources d’énergie pour réduire la dépendance à Moscou

Couvrant 35% des besoins en gaz sur le Vieux Continent, la Russie s’impose comme le principal fournisseur de l’UE en dépit de relations bilatérales qui alternent le chaud et le froid. Pour s’affranchir de la dépendance au gaz russe, l’UE mise sur la diversification des sources énergétiques.

D’un autre côté, les récentes découvertes d’une série de champs gaziers en Méditerranée orientale ne pouvaient pas mieux tomber. En conséquence, le projet gazoduc EastMed a rapidement vu le jour : il devra relier les champs israéliens Léviathan et Tamar au champ chypriote Aphrodite, avant de s’étendre à la Grèce puis à l’Italie.

Fin décembre 2018, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a promis la formation d’une alliance Israël-Chypre-Grèce dans le courant de l’année 2019 en vue de construire le gazoduc EastMed qui devrait transporter entre 9 et 12 milliards de mètres cubes de gaz par an. L’Union Européenne devrait être le principal investisseur pour ce projet.

Ankara pourrait s’opposer à tout développement dans les eaux territoriales de l’île de Chypre, une zone de conflit toujours en quête d’un traité de paix viable sur le long terme. Pour rappel, la Turquie est à ce jour la seule capitale à reconnaître la République turque de Chypre du Nord. De son côté, Moscou, via Gazprom, souhaite également investir dans le gaz israélien pour garder un certain contrôle sur d’éventuelles exportations vers l’Europe.

La Russie avance ses pions en Egypte et se positionne sur la Syrie

En cas d’échec du projet israélien, Moscou pourra se tourner vers l’Egypte, forte de la récente découverte de quatre champs gaziers dans ses eaux.

Israël, qui a signé des accords avec Le Caire pour importer du gaz naturel, le liquéfier puis l’exporter vers l’Europe n’est pas particulièrement intéressant, ne cherche pas forcément à faire du profit par cette opération. L’Etat hébreux dispose déjà d’un gazoduc sous-marin entre la ville d’Ashkelon et le Sinaï égyptien.

Il y a fort à parier que Tel Aviv entend plutôt jouer des coudes avec la Russie qui occupe déjà bien le terrain, avec 30% des parts d’exploitation du gisement égyptien de Zohr, via la société Rosneft. Moscou prépare également le terrain en Syrie mais aussi au Liban. Des accords ont d’ailleurs déjà été signés avec Damas pour l’exploitation de ses eaux territoriales.

A travers la société Novatek, Moscou fait également partie du consortium avec lequel le Liban a signé un contrat en février 2018.

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