Suivez aussi
l'actualité du Sud de la
France sur le
Twitter de @ecom_news
INFORMATIONS NATIONALESACTUALITÉECONOMIEENTREPRISESEMPLOIPOLITIQUEECHANGES MÉDITERRANÉENSDÉCIDEURS

///   Les territoires méditerranéens face au défi du changement climatique : éclairages du dernier rapport de l’Institut de la Méditerranée avec FEMISE & ENERGIES 2050

par Sami Bouzid le
Dans un rapport paru en décembre et présenté lors d’un atelier spécial à la COP24 (Katowice, Pologne), l'association Institut de la Méditerranée (Marseille) et ses partenaires, le think-tank euro-méditerranéen FEMISE (Marseille) et l’association ENERGIES 2050 (Biot), se penchent sur le rôle des gouvernements infranationaux euro-méditerranéens dans la lutte contre le changement climatique en posant un regard sur la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur en France. Détails.

Et si la solution passait par les collectivités ? Dans leur récente étude, l’Institut de la Méditerranée, FEMISE et ENERGIES 2050 mettent en lumière les politiques des collectivités locales dans la lutte contre le changement climatique, avec en préambule cette question : dans quelle mesure et dans quel contexte les territoires méditerranéens s’engagent face aux défis climatiques ?

Pour répondre à la problématique, d'abord un constat « concernant le changement climatique les territoires méditerranéens d’Europe sont les plus vulnérables du continent, et les territoires méditerranéens du Sud et de l’Est du bassin sont en première ligne au niveau mondial » indique le rapport.

Constat fait, les chercheurs morcellent le rapport en trois parties pour appréhender au mieux la question. Ainsi, ils étudient d'abord le cadre de l’action des collectivités locales et régionales d’Europe, et en particulier celles riveraines du bassin méditerranéen « tant en termes d’atténuation que d’adaptation, tout en replaçant cette action dans le contexte plus global des négociations internationales ».

Il en ressort que les territoires européens méditerranéens bénéficient, à ce jour, d’un cadre légal structuré inédit, de nombreux supports à la connaissance, d’accompagnements pour l’action et d’outils de financement. Mais le fossé entre le cadre établi au niveau européen et ceux des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée est très important alors que la vulnérabilité́ de l’ensemble du bassin est très imbriquée. « La coopération euro-méditerranéenne a ainsi un rôle potentiellement considérable à jouer », soulignent les auteurs.

Dans un second temps, le rapport porte un regard attentif au travail réalisé en la matière dans la Région SUD-PACA (France). Gouvernance verticale et horizontale, mise en place de stratégies locales intégrées, travail sur l’information et la sensibilisation des acteurs, approches participatives, financement et suivi des actions selon une démarche transparente sont passés au peigne fin. Les chercheurs soulignent qu’il existe un réel foisonnement d’initiatives en Région SUD.

Ces « success-stories » mériteraient d’ailleurs d’être davantage valorisées, « un portail unique dédié́ au changement climatique pourrait permettre une meilleure clarté́ des acteurs et des actions ». En outre, l’objectif de neutralité́ carbone de la Région SUD à 2050 est jugé « ambitieux et cohérent avec l’objectif national de neutralité́ carbone du Plan climat national de 2017 ».

Atteindre des objectifs ambitieux nécessitera cependant la mobilisation de tous les acteurs. De plus, « la production de données et de connaissances est capitale pour une décision politique éclairée inscrite dans la durée ». La Région SUD pourrait « inciter les initiatives et les réseaux existants à orienter davantage leurs travaux vers l’adaptation, d’une part pour faire remonter les résultats de la recherche scientifique en la matière, et, d’autre part, pour développer les besoins de données et d’indicateurs associes », soulignent les auteurs.

Enfin, dans un troisième volet le rapport analyse les besoins et opportunités de coopération des territoires à l’échelle du bassin méditerranéen. En effet, la Méditerranée est au cœur du changement climatique et les impacts sur les rives Sud et Est seront d'autant plus importants que celles-ci ne sont pas prêtes à s'y adapter. Le rapport essaye ainsi d'engager une dynamique méditerranéenne, car les impacts sur une rive se reflètent nécessairement sur l'autre rive.

Stéphane Pouffary (ENERGIES 2050) et Constantin Tsakas (Institut de la Méditerranée, FEMISE) à la présentation de l’étude à la COP24. 

Les auteurs soulignent qu’un enjeu crucial de gouvernance est la nécessité de renforcer les compétences des décideurs locaux et de l’ensemble de leurs services. « Une plateforme au service des territoires en la matière offrant la possibilité́ de capitaliser, d’échanger, de former, de permettre un dialogue avec le monde de la statistique régional et d’offrir une assistance technique pourrait être supportée au niveau régional » commentent les experts. En outre, réfléchir à un mécanisme de compensation carbone éthique (c’est-à- dire fondé sur un prix du carbone « éthique » et sur des projets diminuant les émissions ou réduisant la vulnérabilité́ tout en générant des co-bénéfices en matière de durabilité́) entre territoires méditerranéens du Nord et du Sud du bassin pourrait être stratégique.

Ce mécanisme pourrait s’appuyer sur des acteurs locaux de la Région SUD ayant expérimenté et mis en place des démarches similaires, soulignent les auteurs.

Les chercheurs précisent tout de même que l'étude « n'est pas une évaluation, ni une lecture politique, d'autant qu'elle n'a pas vocation à être exhaustive ». Cette étude se veut « une contribution comme une invitation à mutualiser et renforcer les initiatives existantes ».

Une conférence inclusive et participative avec l’ensemble des parties prenantes concernées en vue d’améliorer la cohérence des initiatives existantes pourrait permettre d’aller plus loin et de co-construire les prochaines étapes de l’agenda de l’action à mettre en œuvre en Région Sud et plus généralement en Méditerranée, ajoutent les auteurs.

 

Pour retrouver l'ensemble du document sous la direction du Pr. Patricia Augier (Institut de la Méditerranée, FEMISE), du Dr Constantin Tsakas (Institut de la Méditerranée, FEMISE) et de Stéphane Pouffary (Energies 2050), c'est par ici.

 

Article réalisé en partenariat avec le FEMISE . 

A lire aussi

0 commentaire SE CONNECTER
Pour commenter cet article il faut être loggé.