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///   Nouvelle route de la soie : quels impacts sur les pays méditerranéens ?

par Rédaction Ecomnews Med le
Réseau de routes, lignes de chemins de fer et ports dans une centaine de pays, plus de 1000 milliards de dollars de budget alloué. Ce sont là quelques chiffres du projet titanesque chinois «  les nouvelles routes de la soie », qui doit relier l’Asie aux pays des rives nord et sud du bassin méditerranéen. Alors quels impacts auront ces nouvelles routes de soie sur le pourtour méditerranéen ? Eclairage.

Lancée officiellement par le président chinois Xi Jinping en 2013, la Belt and Road Initiative (BRI), ou nouvelles routes de la soie chinoise, entend ressusciter le concept des anciennes routes de la soie terrestres qui reliaient l’Asie à l’Europe. Toutefois, les ambitions de ce nouveau projet sont plus grandes et s’étendent au Proche-Orient et à l’Afrique par voies maritime et terrestre.

 C’est aussi un projet pharaonique d’infrastructures, financé par la Chine à hauteur de 1000 milliards de dollars (soit 5 à 6 fois le budget du plan Marshall !) et qui concerne des lignes de chemins de fer, un réseau routier et des ports (construction ou acquisition).

Lors de la deuxième édition du Medports Forum, la BRI a tenu un rôle central dans les débats des représentants des principaux ports de Méditerranée, pour son impact sur la région. A ce propos, Christine Cabau-Woehrel (présidente du directoire du port Marseille-Fos) a déclaré : « c’est un sujet planétaire qui a des implications immenses sur le bassin méditerranéen ».

Les prémices d’une hégémonie chinoise ?

La BRI est déjà en train de changer la donne pour les pays de la Méditerranée. Tour à tour, ces pays perdent la main sur leurs terminaux portuaires suite à l’acquisition par la Chine des principaux ports en Méditerranée, alors que le pays contrôle d’ores et déjà 10% de la capacité des terminaux portuaires européens.

En 2016, le mastodonte China Ocean Shipping Company (COSCO) avait déjà pris le contrôle du port de Pyrée en Grèce à hauteur de 65%, pour un budget de 400 millions d’euros. D’autres opérations du genre vont suivre partout dans le bassin méditerranéen (reprise de Noatum Port en Espagne) et les spécialistes de la logistique prévoient une augmentation exponentielle de ces investissements.

Cela n’est pas sans soulever les craintes des pays de la région, principalement européens, sur l’influence stratégique croissante de la Chine grâce à la BRI. En effet, certains observateurs estiment que ce projet n’est pas uniquement à visée économique, mais qu’il est également destiné à permettre à la Chine d’étendre sa zone d’influence stratégique au monde entier.

Quid des impacts écologiques d’un tel projet ?

Un projet d’une telle ampleur a forcément un impact écologique qui sera ressenti plus particulièrement dans les pays du pourtour méditerranéen. Outre l’explosion du trafic maritime avec tout ce que cela implique en matière de pollution des environnements marins et de consommation énergétique, entre autres, les chercheurs tirent notamment la sonnette d’alarme sur le risque de prolifération d’espèces invasives.

Les exemples en la matière ne manquent pas : frelon asiatique, charançon rouge, crabe bleu, etc. Pour la revue scientifique Current Biology, ces risques d’invasion seront amplifiés par la BRI, ce qui peut nuire gravement aux équilibres écologiques et à la faune et flore endémiques des pays du bassin méditerranéen.

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