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///   Turquie : camouflet pour Erdogan aux élections municipales

par Sami Bouzid le
Le président turc, Recep Tayeep Erdogan, et son parti l'AKP ont subi un revers électoral lors des élections municipales du 31 mars. Le parti islamo-conservateur du président perd notamment les villes d'Ankara et Istanbul. Une défaite que l'AKP conteste dans les deux plus grandes villes du pays.

Un quart de siècle que cela n'était pas arrivé ! La capitale, Ankara, et le poumon du pays, Istanbul, sont tombés aux mains de l'opposition lors des élections municipales du 31 mars. Une défaite cinglante pour l'homme fort de la Turquie qui a bâti une partie de sa carrière politique à Istanbul. Sa ville natale, où il a été maire de 1994 à 1998, est la capitale économique du pays mais surtout «  son fief , son terrain d’expérimentation » comme le note le journaliste spécialiste de la Turquie Guillaume Perrier.

Sur le plan national, l'AKP et ses alliés ultranationalistes du MHP ont certes gagné l'élection, avec près de 51,67% des voix, mais les pertes de grandes villes ne sont pas seulement symbolique « Si nous perdons Istanbul , nous perdons la Turquie » confiait Erdogan lui même en privé avant l'échéance. En réalité, la défaite est tout autre, le président a tellement nationalisé le débat des élections locales, que le désaveu des grandes villes apparaît comme un rejet de sa personne. S'exprimant à la suite des résultats, Erdogan s'est timidement satisfait des résultats nationaux, mais a évoqué "des faiblesses à corriger" en parlant de son parti l'AKP.

La crise économique en toile de fond

Le parti présidentiel n'avait plus connu le goût de la « défaite » depuis un quart de siècle. Un quart de siècle durant lequel l'économie turque a multiplié par trois le PIB par habitant. Mais en 2018 les choses ont changé. Sous fond de tensions avec les Etats-Unis, l'économie turque a vécu une année pour le moins complexe. Dépréciation de la livre turque de près de 45%, hausse du chômage, inflation galopante (19% le mois dernier) , et une croissante 2,8% , loin des 7,4% de l'année 2017 ont eu raison des arguments de l'AKP.

Le parti présidentiel a surfé sur la vague du succès économique durant des années pour se maintenir au pouvoir. La situation complexe du pays et les arguments populistes d'Erdogan n'auront cette fois ci pas suffi.

Mais Erdogan et l'AKP gardent tout de même quelques motifs de satisfaction. D'abord, la base électorale du parti présidentiel reste assez solide malgré la crise. De plus, aucune échéance importante n'aura lieu avant la présidentielle de 2023. Erdogan a le temps de voir la croissance revenir et les bulletins de vote avec.

 

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