Suivez aussi
l'actualité du Sud de la
France sur le
Twitter de @ecom_news
INFORMATIONS NATIONALESACTUALITÉECONOMIEENTREPRISESEMPLOIPOLITIQUE

///   Turquie/UE : un partenariat pas si évident

par Rédaction Ecomnews Med le
Alors que le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne (UE) s’enlise depuis des années déjà, les mutations géopolitiques mondiales (et le spectre du Brexit également) imposent à l’UE de changer sa stratégie vis-à-vis d’Ankara. Dans ce contexte, la Turquie a un rôle de pivot à jouer dans la région et l’UE est appelée à revoir sa position à l’égard du pays.

Le dialogue sur l’adhésion de la Turquie à l’UE a repris après 4 années d’interruption, en mars dernier à l’occasion d’une réunion du conseil d’association UE-Turquie à Bruxelles. Des négociations au point mort depuis plusieurs années déjà, mais que le nouveau contexte géopolitique international impose à nouveau pour redéfinir les relations entre l’union et Ankara.

Lors de ce dialogue, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Moghrini a exprimé ses « vives préoccupations » pour les droits de l’homme en Turquie : "_Des retards systématiques, des détentions, des preuves insuffisantes, des poursuites pénales contre des personnes qui exercent leurs droits fondamentaux, comme la liberté d'expression ou la liberté de rassemblement.

Tout cela jette le doute sur le respect du principe de la présomption d'innocence et du droit à un procès équitable en Turquie _", a-t-elle affirmé. De toute évidence, pareilles déclarations ne sont pas du goût des officiels turcs qui s’en défendent avec véhémence. Pour le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavisoglu, " La Turquie possède un système judiciaire indépendant, et tout le monde y a accès. Par ailleurs, la Turquie est membre de la Cour Européenne des droits de l'Homme."

Les relations entre l’UE et la Turquie sont naturellement tendues, sans toutefois freiner les ardeurs d’Ankara à reprendre la procédure d’adhésion, profitant ainsi de sa renaissance diplomatique après les crises récentes. Par ailleurs, plusieurs experts insistent sur le rôle clé de la Turquie dans la région et invitent l’UE à revoir sa position vis-à-vis du pays.

Turquie : une position stratégique qui se renforce

Crise des réfugiés syriens, Brexit, rapprochement avec la Russie de Poutine… Autant de facteurs qui renforcent la position stratégique de la Turquie dans la région. Une position que n’a pas manqué de souligner le récent festival géopolitique de Grenoble : sous le thème explicite « (dés)union européenne », l’édition de cette année a consacré une conférence à la Turquie sous le titre « Union Européenne/Turquie : des partenaires dos à dos… ».

En effet, la conférence vient rappeler, que bien que l’UE soit ébranlée par le Brexit, elle doit penser à sa relation avec son voisinage, et notamment la Turquie. A la lumière des événements récents, la Turquie est de plus en plus considérée comme un Etat pivot (avec la Boélorussie de Loukachenko), qui est appelé à jouer double rôle de réunification et d’articulation, de par la position central qu’il occupe.

Par ailleurs, la Turquie est le voile qui sépare l’Europe des crises du Moyen-Orient et contribue activement à la stabilité des Balkans grâce à ses relations avec les pays de la région. En outre, le pays est à la jonction du monde occidental et musulman, voisin de l’Iran est présent sur deux continents. Autant de facteurs qui renforcent la position de la Turquie, d’autant plus que le vent des réformes « occidentales » que le pays a connu le rapproche davantage des positions de l’UE sur de nombreux dossiers clés.

0 commentaire SE CONNECTER
Pour commenter cet article il faut être loggé.