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///   Journée mondiale des réfugiés : la Méditerranée, mer de tous les défis

par Rédaction Ecomnews Med le
La journée mondiale des réfugiées est célébrée ce 20 juin. Lancée en 2001, elle a pour but de sensibiliser à la cause des réfugiés dans le monde. Les chercheurs du réseau FEMISE ont abordé la question de la migration en Méditerranée à de nombreuses reprises.

 

« Sauver des vie en mer n’est pas un choix, pas une question politique, mais une obligation séculaire » - Filippo Grandi, Haut commissaire de l’agence des Nations unies pour les réfugiés.

La journée mondiale des réfugiés est célébrée chaque année le 20 juin depuis 2001, année du 50 anniversaire de l'adoption de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés. Ainsi, ce jour, de nombreux événements mettant à l’honneur les réfugiés et sensibilisant à leur cause sont organisés.

Selon les statistiques de l’Agence des Nations-Unies pour les réfugiés, il y avait plus de 71 millions de personnes déracinées dans le monde en fin 2017. Parmi celles-ci, on recensait 19 millions de réfugiés et 3 millions de demandeurs d’asile.

La Méditerranée et ses pays limitrophes sont au coeur de la question. D'abord parce qu'il s'agit d'une région de transit pour les migrants souhaitant se rendre dans l’Union européenne. D’après l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), 4885 migrants et réfugiés sont entrés en Europe par la Méditerranée durant les trois premières semaines de 2019 et 203 y ont trouvé la mort. Le Haut-Commissariat aux réfugiés estime pour sa part à plus de 15000, le nombre migrants décédés dans leur traversée de la Méditerranée entre 2014 et 2018.

Réfugiés climatiques

Par ailleurs, les pays méditerranéens sont directement touchés par la question de la migration climatique. En effet, le réchauffement planétaire induit une montée probable du niveau de la mer. Cette dernière entrainerait l’engloutissement des littoraux des pays méditerranéens sous les eaux et feraient des habitants de ces pays, des réfugiés climatiques.

Sur ces questions, les chercheurs du réseau FEMISE ont déjà consacré plusieurs recherches. Concernant les migrants climatiques, la chercheuse Simona Ramos (Université Aix-Marseille, Institut de la Méditerranée) expliquait dans la série d’entretiens « Med Change Makers » qu’il était nécessaire de mettre en place des mesures politiques en faveur de ces populations. « Le fait d’avoir un statut légal pour les migrants climatiques permettrait d’aborder et de protéger correctement les personnes qui traversent des difficultés », assure-t-elle.

Et d’un point de vue économique ?

La question des réfugiés n’est pas qu’une question humaine et sociale. Elle est aussi économique, comme le soulignait le rapport de FEMISE « Réfugiés et économie du pays d'accueil: modèles d'intégration et options de politique de coopération ». Dans ce document, les chercheurs du think tank expliquent que « les étapes de l'intégration socio-économique (et de l'inclusion) peuvent être associées de manière schématique à des besoins et capacités financiers différents et à des stratégies de plus en plus efficaces ». « Les réfugiés peuvent être créateurs de richesses et générer leurs propres revenus » souligne Maryse Louis, DG FEMISE.

Les chercheurs FEMISE s’intéressent notamment à l’approche de l’intégration économique des réfugiés dans les pays d’accueil comme alternative à l’aide humanitaire. Plusieurs aspects sont en effet à considérer lorsque l’on se penche sur l’intégration des réfugiés. Celle-ci passe par la recherche d’un travail, la lutte contre les discriminations salariales ou encore les opportunités de carrière.

Une analyse comparative de l’intégration des migrants en Jordanie et en Italie a notamment été réalisée dans ce rapport. Elle permet de voir les impacts de politiques d’intégration orientées vers une intégration économique en Italie, au détriment de politiques centrées sur le social et la culture. En Jordanie, la capacité des réfugiés à générer des revenus est réduite.

Ainsi, FEMISE préconise l’adoption de politiques publiques visant à aider les réfugiés étudiants à avoir accès au système éducatif.  

Enfin, le réseau valorise aussi les acteurs du secteur privé qui contribuent à l’intégration des réfugiés. Un tel acteur est l’entreprise sociale Teenah qui produit des sacs par des femmes réfugiées syriennes et par des femmes de leurs communautés d'accueil, comme le souligne Raneem Meqbel.

FEMISE s’associe également à des acteurs comme l’Institut WANA qui, comme le souligne Shereen Shaheen, travaille activement sur des thématiques de développement humain, de sécurité et de justice sociale. Car les chercheurs et partenaires du réseau en sont persuadés : dans un cercle vertueux, la participation de cette population à la vie économique du pays d’accueil aura des effets durables sur le développement.

Reyane Sané

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