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///   La Méditerranée brûle

par Camille Dubruelh le
Le réseau Medecc a publié une étude scientifique d'une ampleur inédite sur l’impact des changements environnementaux au niveau régional. Et les résultats sont sans appel...Le point avec Ecomnews Med.

La région méditerranéenne brûle et l’eau se fait rare. Les conclusions du premier rapport sur l’impact du réchauffement climatique dans la zone sont alarmantes. Produite par un réseau de plus de 80 scientifiques de toute la région Euro-Méditerranéenne, le réseau Medecc, l’étude se veut la plus grande évaluation scientifique des changements environnementaux au niveau régional.

Les conclusions ont été rendues publiques le 10 octobre lors du 4e Forum régional de l’Union pour la Méditerranée, à Barcelone. Premier enseignement : le bassin méditerranéen, qui abrite 500 millions de personnes, est l'un des points chauds les plus en vue du changement climatique et environnemental.

Le rapport décline ensuite l’impact de ces changements à plusieurs niveaux :

Le climat : La région méditerranéenne s'est réchauffée d’environ 1,5 ° C depuis l’époque préindustrielle, soit 20% plus vite que la moyenne mondiale. « Sans mesures d'atténuation supplémentaires, la température régionale augmentera de 2,2 ° C d'ici 2040, pouvant dépasser 3,8 ° C dans certaines sous-régions d'ici 2100 », s’alarment les chercheurs.

Le niveau de la mer : son élévation pourrait dépasser 1 m d’ici à 2100, explique le rapport, ce qui toucherait un tiers de la population dans les zones côtières de la région et mettrait en péril les moyens de subsistance d’au moins 37 millions de personnes en Afrique du Nord. Par ailleurs, d’ici 2050, « les villes méditerranéennes représenteront la moitié des 20 villes du monde qui subissent les dommages annuels les plus importants dus à l'élévation du niveau de la mer ».

Les ressources en eau : La disponibilité en eau douce pourrait diminuer de 15% au cours des prochaines décennies, avec les conséquences que l’on imagine sur l’agriculture et l’humain, dans une région déjà touchée par la pénurie d’eau. Egalement, « plus de 250 millions de personnes seront considérées comme « pauvres en eau » dans 20 ans ».

Les écosystèmes : Côté mer, l’augmentation de la température a déjà entraîné la perte de 41% des principaux prédateurs, y compris les mammifères marins et 34% des espèces de poissons sont perdues à cause de la surpêche. Sur la terre ferme, on peut notamment citer la dégradation des forêts, l’invasion des moustiques tigres ou encore la multiplication des méga incendies. « La future zone brûlée pourrait augmenter de 40%, avec un scénario de réchauffement de 1,5 ° C ».

La sécurité alimentaire : Conséquence direct de ces phénomènes, la demande en denrées alimentaires, qui devrait augmenter en raison de la croissance démographique, peinera à être satisfaite en raison de la baisse du rendements des cultures, des poissons et du bétail. 90% des stocks de poisson commercial sont déjà surexploités en Méditerranée.

La santé : La santé humaine est également menacée, d’une part par les maladies et les décès liés à la chaleur, en particulier dans les villes, d’autre part à cause des pénuries d’eau et de nourriture.

 

Selon les experts, tous ces effets du réchauffement climatique auront un impact direct sur la sécurité humaine. Inondations, dommages causés par les tempêtes, sécheresses, et surtout multiplication des conflits liés aux ressources limitées (terre, eau, nourriture). Ainsi, conclue le rapport, ces effets contribueront vraisemblablement à accroître les migrations humaines à grande échelle.

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