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///   Les femmes continuent à porter la révolte et l’esprit des printemps de 2011 au Moyen-Orient et au Maghreb

par Janos Fernandez le
Dans un article paru dans Le Monde du 28 février, l’historienne Leyla Dakhli* met en avant le rôle des femmes dans les mouvements de contestation initiés en 2011 et qui se poursuivent encore à l’heure actuelle.

Les scènes de rue, les révoltes, les affrontements avec les forces de l’ordre se veulent ( et se vendent ?) comme des affrontements d’homme à homme, les femmes souvent réduites aux rôles de mères, d’infirmières, de pleureuses, bref de soutien à ceux qui partent porter bien haut l’étendard de la liberté.

Or les femmes ont participé et participent à ces mouvements avec autant d’engagement et de conviction, et mettent elles aussi leurs corps en danger, sans doute plus quand les autorités décident de faire un exemple par la brutalité et le viol organisé…

Depuis les les manifestations de 2010-2013, les femmes ont affirmé leur statut et sont aussi présentes que les hommes dans la rue, voire plus. Elles développent de nouveaux moyens de lutte sur un champ de bataille public et intime.

Le corps exposé devient revendication contre les abus et le patriarcat. Ainsi en Egypte, elles ont manifesté contre les harcèlements sexuels et les « tests de virginité » effectués par la police sur les manifestantes. Samira Ibrahim y a porté plainte contre l’armée pour agression sexuelle devant la justice civile.

En Tunisie, Amina Sboui proteste contre l’assassinat du militant Chokri Belaïd par les islamistes en diffusant une photo la montrant poitrine découverte avec l’inscription « Mon corps m’appartient et n’est l’honneur de personne ».

Mais les femmes ne se contentent pas de plaintes ou de messages. Elles participent et utilisent la violence légitime, « comme les hommes » et Malak Alaywe Herz, la jeune femme qui a donné un coup de pied à un policier a vu son geste prendre de l’ampleur en étant diffusé par les réseaux sociaux qui l’ont transformé en icône révolutionnaire.

La révolte, on le voit constitue donc un nouveau champ d’expression au féminin et même féministe car elle est l’occasion de remettre à plat et en avant la condition de 50% de l’humanité. Une révolution qui laisse en l’état la vie des femmes porte bien mal son nom. De l’Irak au Liban, un slogan résume ce fait : « Révolte-toi, car la révolution est au féminin ».

 

*Leyla Dakhli est chargée de recherche au CNRS et dirige le programme de recherche DREAM (Drafting and Enacting the Revolutions in the Arab Mediterranean). https://dream.hypotheses.org/

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