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///   Le port de Beyrouth perd 800 millions de dollars à cause de la corruption

par Magda Doria Makboul le
L’ONG libanaise Sakker el-Dekkené a publié son rapport sur la corruption des douanes du port de Beyrouth afin de sensibiliser la population et les pouvoirs publics sur cette situation.

Port de Beyrouth

Plus de 400 millions de dollars de pots-de-vin par an, 1,95 milliard de marchandises non déclarées et 400 millions de dollars de fraude fiscale, tels sont les chiffres dévoilés par l’ONG Sakker el-Dekkené dans son dernier rapport sur la corruption aux douanes du port de Beyrouth.

Classée à la cinquième position des institutions les plus corrompus du pays selon les déclarations des libanais sur le site de l’ONG, l'étude recense dans un premier temps les pratiques de la petite corruption, c'est-à-dire les pots-de-vin payés par les compagnies importatrices aux douaniers du port de Beyrouth pour pouvoir récupérer leurs conteneurs sans complications, cette pratique représente un manque à gagner de 14,2 millions de dollars par an, soit 39 000 dollars par jour.

Selon le co-fondateur de Sakker el-Dekkené, « ces montants doivent être payés avant même que l'inspection des douanes ne décide si le conteneur doit passer par le circuit vert ou le circuit rouge ».

La grande corruption

En ce qui concerne la grande corruption, c'est-à-dire les pots-de-vin versés à de hauts responsables pour récupérer des marchandises non déclarées et ne pas payer les droits de douanes (qui varient entre 5% et 30%) et la TVA (10%), aurait atteint de son côté 390 millions de dollars en 2013.

Pour estimer ce montant, le rapport s'appuie sur la base de données des Nations unies-Comtrade (2013), recensant les déclarations d'exportation de chaque pays du monde et prend en compte les 9 pays (Chine, États-Unis, Turquie, France, Allemagne, Grèce, Italie, Suisse et Royaume-Uni). Le rapport estime le manque à gagner pour la TVA à 390 millions de dollars, et à 390 millions sur les droits de douanes.

Cette situation est dû à un cadre légal encore flou mais aussi à l’absence d’autorité de contrôle. Rabih Nasar, co-fondateur de l’organisation « Cette étude n'est qu'un fragment de la corruption aux douanes, il reste l'aéroport de Beyrouth, le port de Tripoli et les frontières. Une étude doit être menée sur l'ensemble des douanes, qui doit être faite par le gouvernement ».

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