Libye : La production de pétrole est de nouveau stoppée bloquant les exportations de pétrole du pays
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Denys Bédarride
vendredi 24 juillet 2020 Dernière mise à jour le Vendredi 24 Juillet 2020 à 15:25

Un nouveau blocus pétrolier a eu lieu dès le lendemain de la levée de la force majeure sur les exportations de pétrole libyennes. L’Armée nationale libyenne (ANL) a formulé des demandes pour la reprise de la production, dont l’audit de la Banque centrale de Libye (BCL). Sollicité depuis 2018, l’audit international des deux branches pourrait enfin être lancé suite à son paiement le 15 juillet 2020.

 

La Compagnie nationale pétrolière (National Oil Corporation – NOC) a annoncé la levée de la force majeure sur toutes les exportations de pétrole de la Libye le 10 juillet 2020, avant de condamner le nouveau blocus des exportations de pétrole libyen qui a eu lieu dès le lendemain, et de demander que les États à l’origine de cette décision en soient tenus responsables par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Selon le communiqué de la NOC, les forces armées du maréchal Haftar ont ordonné le 11 juillet l’arrêt de la poursuite des exportations. Selon les informations de la compagnie, les Emirats Arabes Unis auraient donné l’instruction au maréchal Haftar d’arrêter la production.

En conséquence, la NOC a de nouveau déclaré un cas de force majeure sur toutes les exportations de pétrole de la Libye. Les pertes financières causées par la fermeture des installations pétrolières depuis janvier 2020 ont dépassé 7 Mds USD au 16 juillet 2020. Le porte-parole de l’ANL a déclaré que les ports et les champs de pétrole resteraient fermés « jusqu’à ce que les demandes du peuple libyen soient satisfaites », précisant qu’il n’y aurait aucune possibilité d’ouverture si les demandes formulées par certaines tribus libyennes n’étaient pas satisfaites.

Ces demandes sont les suivantes :

– Ouvrir un compte spécial pour y déposer les revenus pétroliers et favoriser ainsi une distribution équitable de ces revenus à tous les habitants de la Libye, dans toutes les villes et régions de la Libye, avec les garanties de la communauté internationale ;

– Établir un mécanisme permettant de s’assurer de la transparence des dépenses, avec des garanties internationales pour que ces revenus ne soient pas utilisés pour financer le terrorisme et les mercenaires ;

– Vérifier les comptes de la BCL à Tripoli afin d’identifier la manière dont les revenus pétroliers ont été dépensés au cours des dernières années.

Pour rappel, le chef du Conseil présidentiel (CP), Fayez Al-Sarraj, avait en 2018 appelé l’ONU à organiser un audit indépendant des Banques centrales de l’Ouest et de l’Est avant toute réunification des deux branches. Dans un communiqué publié le 8 juillet 2020, la BCL a réitéré qu’elle était prête à accueillir un audit international indépendant des deux branches.

Selon Bloomberg, le gouverneur de la BCL, Seddik Al-Kabir a reconnu dans une lettre du 7 juillet 2020 qu’un chèque de 4,8 M USD du ministère des Finances destiné à payer l’audit, avait été envoyé à l’Audit Bureau libyen pour examen, un envoi qui a été perçu comme une tentative d’engendrer des retards dans le processus.

En avril 2020, Stephanie Williams, Représentant spécial par intérim des Nations Unies en Libye, avait accusé l’Audit Bureau d’avoir entravé le processus. Le 15 juillet 2020, l’accusation libyenne a été informée que le paiement avait finalement été effectué, un jour après que le procureur Sadiq Al Sour se soit adressé à Seddik Al-Kabir et au chef de l’Audit Bureau M. Shakshak pour exiger que le paiement de l’audit soit traité.

Source : Ambassade de France en Tunisie; Service Économique Régional Tunisie-Libye | Economic Service Tunisia-Libya

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